BRVM : Que disent les comptes des sociétés cotées sur l'exercice 2025 ?
BRVM : Que disent les comptes des sociétés cotées sur l'exercice 2025 ?
L'objectif de cet article n'est pas de désigner les « meilleures actions » de la BRVM, encore moins de formuler des recommandations d'investissement. Il s'agit simplement de vulgariser l'information financière et de donner un autre regard sur les entreprises cotées dans l'espace UEMOA.
Les états financiers de l'exercice 2025 des sociétés cotées à la BRVM permettent de dresser un premier bilan de leur performance, de leur solidité financière et de leur profil boursier. À partir des états financiers disponibles, une grille de 100 points permet de comparer les entreprises et de faire ressortir quelques tendances. La grille repose sur quatre grandes dimensions :
La performance financière (40 pts) regarde notamment la croissance du chiffre d'affaires, l'évolution du résultat net, la marge nette et la rentabilité des capitaux propres (ROE).
La solidité financière (30 pts) prend en compte principalement le niveau d'endettement et l'évolution des capitaux propres.
La valorisation boursière (20 pts) intègre notamment le Price-to-Book (P/B), ainsi que la capitalisation flottante.
Enfin, le profil boursier (10 pts) tient compte de la capitalisation globale de l'entreprise.
Cette méthode reste volontairement simple. Elle ne tient notamment pas compte de tous les éléments pouvant influencer la situation d'une entreprise ou le cours d'une action. Les différences entre secteurs constituent également une limite importante : une banque et une entreprise industrielle ne fonctionnent pas selon les mêmes mécanismes financiers.
Le classement doit donc être considéré comme un indicateur de comparaison, et non comme une évaluation définitive.
Nota Bene : toutes les entreprises n'avaient pas encore publié leurs états financiers 2025 au moment de l'analyse (fin juillet 2026). Le classement repose donc sur les dernières données disponibles et doit être lu avec cette limite en tête.
Sur les 43 entreprises analysées (sur 69 au total), BICI CI arrive en première position avec 85 points sur 100. Elle est suivie par la Société Africaine de Plantations d'Hévéas (SPHC), avec 77 points. Trois entreprises complètent le podium avec 74 points : Ecobank Transnational Incorporated Togo, PALM CI et BOA Sénégal.
À l'autre extrémité du classement, les scores les plus faibles sont enregistrés par BOA Niger (18), ERIUM CI (16) et SUCRIVOIRE (11).
Ces résultats ne signifient pas qu'une entreprise est « bonne » ou « mauvaise ». Ils indiquent simplement dans quelle mesure elle répond aux critères retenus dans cette grille.
Avec 85 points sur 100, BICI CI domine le classement grâce à un profil très équilibré. Elle obtient le maximum de points en performance financière et en solidité financière.
Son chiffre d'affaires progresse de 17 % et son résultat net de 39 %. La marge nette atteint 46 % et le ROE 30 %. Côté solidité, l'endettement reste limité à 14 % des capitaux propres, tandis que ces derniers progressent de 21 %.
Son principal point faible dans la grille est sa valorisation : avec un P/B de 4,01, elle ne marque aucun point sur ce critère. Cela ne suffit toutefois pas à compenser la très bonne performance de ses fondamentaux.
Avec 77 points, SPHC se distingue principalement par la croissance de son activité et de ses résultats. Le chiffre d'affaires progresse de 22 % et le résultat net de 33 %.
La société affiche également une progression de 13 % de ses capitaux propres et un endettement de 37 %. Sa rentabilité est toutefois plus modérée, avec une marge nette de 7 % et un ROE de 18 %.
Son P/B de 1,40 lui permet par ailleurs d'obtenir 9 points sur 15 en valorisation.
ETIT se distingue par sa rentabilité : 24 % de marge nette et 22 % de ROE, ainsi que par un P/B de 0,78, qui lui rapporte le maximum de points. Ses capitaux propres progressent de 41 %. Son principal point faible est un endettement supérieur à 100 %, qui lui fait perdre les 20 points associés à ce critère.
PALM CI bénéficie surtout d'une excellente solidité financière, avec seulement 10 % d'endettement, et d'un P/B de 0,97. En revanche, son résultat net recule de 2 %.
BOA Sénégal affiche une rentabilité remarquable, avec 42 % de marge nette et 23 % de ROE, mais son P/B de 2,87 est moins favorable.
Avec 11 points, SUCRIVOIRE occupe la dernière place. Le chiffre d'affaires et le résultat net sont en baisse, tandis que la marge nette et le ROE sont négatifs.
L'endettement dépasse 100 % des capitaux propres, qui reculent également de plus de 30 %. Son P/B de 5,17 ne lui rapporte aucun point.
Le score reflète donc une accumulation de difficultés sur la performance, la solidité financière et la valorisation.
ERIUM CI obtient 16 points. Malgré une progression de 9 % du chiffre d'affaires, le résultat net est négatif et la rentabilité reste faible.
L'endettement dépasse 100 % des capitaux propres, qui sont également en baisse. Surtout, son P/B atteint 8,47, ce qui constitue un facteur fortement pénalisant dans la grille.
BOA Niger termine avec 18 points. Son chiffre d'affaires recule légèrement, mais c'est surtout la baisse de 92 % du résultat net qui pèse sur le score.
La marge nette tombe à 2 %, le ROE à 1 %, tandis que l'endettement atteint 179 % des capitaux propres et que ceux-ci reculent de 14 %.
Le premier enseignement est la présence importante des entreprises du secteur bancaire dans le haut du classement. BICI CI, BOA Sénégal, SG CI, SIB CI, BOA CI, Coris Bank BF et plusieurs autres établissements figurent dans la première moitié du tableau.
Mais le classement montre aussi que les entreprises agro-industrielles peuvent très bien se positionner : SPHC et PALM CI figurent notamment parmi les toutes premières.
À l'inverse, certaines grandes entreprises connues du marché obtiennent des scores plus modérés. Le Groupe Sonatel arrive ainsi à 51 points, Orange Côte d'Ivoire à 43 points et Nestlé CI à 38 points.
Cela rappelle une chose essentielle : la taille ou la notoriété d'une entreprise ne suffit pas à déterminer son score financier. La grille prend en compte plusieurs dimensions simultanément.
L'exercice met surtout en évidence un enjeu plus large : l'accès aux états financiers.
Toutes les entreprises cotées n'avaient pas encore publié leurs comptes 2025 au moment de l'analyse. Cela limite nécessairement la comparaison et rappelle l'importance de disposer d'une information financière régulière et accessible.
Cette problématique concerne d'ailleurs aussi les entreprises non cotées de l'espace UEMOA.
Pour mieux comprendre le tissu économique régional, comparer les entreprises et suivre leur évolution, la disponibilité des états financiers constitue une donnée essentielle.
Ce classement n'a pas vocation à dire où investir. Il propose simplement une lecture vulgarisée des données financières et boursières disponibles sur les entreprises cotées à la BRVM.
Au-delà des résultats, l'exercice souligne surtout l'importance de la transparence financière dans l'espace UEMOA. Plus les données sont accessibles, fiables et comparables, plus il devient possible de comprendre les entreprises qui font l'économie de la région.
Avertissement : cette analyse est strictement informative. Elle ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d'achat ou de vente de titres. Les résultats peuvent évoluer avec la publication de nouveaux états financiers et la mise à jour des données de marché.